MARTHYRS DE TASSAFT OUGUEMOUNE

HOMMAGE AUX VALEUREUX MARTYRS DE TASSAFT OUGUEMOUNE

lundi, septembre 12, 2005

AIT HAMOUDA KAMEL


Kamel Ait Hamouda
Visage de l'ange Gardien de Tassaft Ouguemoune
Une vie trop courte
ous avons découvert Tassaft sous une terrible chape de douleur. La nouvelle de la mort d’un homme Majuscule a été reçue comme une bombe. L’affliction était partagée par tous.
Ce soir Tassaft a vécu un événement qui vaut son pesant de larmes, d’afflictions et de fierté, son fils a accompli sa mission. Ce samedi matin, la nouvelle est tombée comme un couperet ; Kamel ait Hamouda n’est lus. D’aucun ne voulaient croire cette information. Ce fut la consternation au sein de la population.
Fils de Mend Ouchabane et Ben Amer Tamazouzt, Kamel naquit le 09 septembre 1964à Skikda ; issu d’une famille modeste confrontée à la rudesse de la vie et du quotidien d’une région impitoyable qu’est celle de Tassaft Ouguemoune son village natal. C’est là qu’il vécut son enfance au sein de sa famille et au cotés des gamins, des amis, avec lesquels il fit sa scolarité primaire au sein de l’unique école primaire du coin.
Mais sa scolarité ne durera pas plus de 5 ans, puisqu’en 1975 il décida d’arrêter ses études pour se diriger vers la vie active, afin de subvenir aux besoins de sa famille.
Il commença de bricoler à l’âge de 13 ans, ce qui démontre la maturité de cet enfant dés son jeune âge, et ce durant 5 ans. En 1982 il effectua son premier voyage vers Bousmail, (Tipaza) pour une formation de maçonnerie durant 2 ans. « Souriant même dans les moment difficiles »Juste après, il s’est fait embaucher par une entreprise en bâtiment comme maçon à Tipaza. Et c’est là que commence une autre étape de sa vie, celle du militant et le début d’une histoire d’amitié fabuleuse qui le noua avec Djaffar. Ils étaient deux enfants d’un même village qui a donné vie à ses meilleurs fils, à chaque fois que l’Algérie authentique se sentait menacée dans ses fondements et son intégrité.Issus d’un même village sans qu’ils se connaissent vraiment, ils avaient scellé une amitié en se rencontrant par hasard loin de la terre natale, dans un petit village à l’Ouest d’Alger : Fouka, et depuis, ils ne se sont plus quittés, même la mort n’a pas pu le faire.



Djaffar qui était à la fois le frère, l’ami et le compagnon de toujours l’initia fortement au militantisme.
Dés le début des années 90 il revient à Tassaft, où il avait préférer d’activé ; Kamel était patriote dès la première heure et militant actif du (RCD), dés sa création, ce qui nous fait à peu prés 10 ans. Un temps court. Mais suffisant quand on sait qu’il était de tout son cœur dans son combat avec une sagesse et une simplicité exemplaire. Et surtout, l’exemple à suivre chez Kamel était sa fermeté de ses convictions et sa détermination. Kamel était de ceux qu’on appellera «militant de l’ombre ».Il venait d’accompagner son éternel ami comme d’habitude, mais cette fois-ci ne savait pas qu’il avait rendez-vous avec son destin. Le jour fatal, que personne de son village, ni de ses proche, ni de ses amis n’oubliera. ce jour maudit où celui qu’on surnomma «l’ange » tombera sous les balles assassines d’un intégrisme islamique aveugle, dans le lycée de Beni-Yanni avec son compagnon Djaffar Ouahioune le 10 mai 1997 Le 12 mai, le cimetière s’avère exigu pour accueillir cette marré humaine. Tout le monde était là à Tassaft, qui même si elle portait le deuil ces jours là, les collines, elles, ne présentaient aucune ombre de doute quant à la continuité du combat, tant de jeunes et de visages présents ressuscitaient leur mémoire. Remplissant les chemins et les ruelles du village, ils avaient conscience d’accomplir un devoir et d’exprimer leur détermination. Une manière de dire : Kamel tu resteras toujours dans nos mémoires comme un exemple et une flamme. Il s’en va. Je vois encore sa silhouette, son visage. J’entends encore sa voix. Homme blessé, il l’était comme beaucoup d’autres et ce, depuis longtemps.
« Tout deux vécurent la douleur comme une seconde peau »Ceux qui ont connu Kamel ne pourront pas oublier, son visage vivra dans leur mémoire, sa gentillesse germera dans les esprits pour préparer les futures vendanges et faire écrouler tous les murs de l’arbitraire.
Il ne voulait pas mourir, mais comme le dit Brel



«le bon dieu, rappelle les bons ».
Un autre bon est parti, dirais-je. Quel cruel destin ! Une pensée me vient à l’esprit : «le cadavre encerclé » de KatebYacine au moment où Lakhdar mortellement blessé, dit à Hassen et Mustapha : «adieu camarades, quelle horrible jeunesse nous avons eue ! ». ce patriote de talent est d’une beauté rare
Repose en paix Kamel. En attendant, d’ailleurs nous n’allons pas attendre, nous résisterons et nous nous battrons pour l’Algérie de Kateb, Mammeri, Djaout, Mekbel, Katia, Medjoubi, Alloula… pour l’Algérie de demain car demain reste toujours à faire.Accepterons-nous à rester statique et admettre ce qui nous arrive ?
Non ! Non ! Non ! Les enfants de Abane Ramdane, du colonel Amirouche, n’abdiqueront jamais, on refuse un tel chaos. Le combat des martyrs d’aujourd’hui sera honoré malgré le prix fort à payer.
Ce patriote de talent est d’une beauté rare, repose dans le carré des martyrs de son village. Son regard qu’illuminent ses yeux demeure encore présent.